Division du travail

Corinne Rostaing, « Division du travail », in Paugam Serge (dir.), Les 100 mots de la sociologie, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Que Sais-Je ? », 2e édition, 2018, p. 65.
Chaque individu ne peut subvenir entièrement à ses besoins, le travail (productif, domestique, artisanal, services, de reproduction…) est donc assumé par différents acteurs. Émile Durkheim s’est intéressé à la question du lien entre la division du travail et la cohésion sociale dans son ouvrage De la division du travail social ; il montre deux types de solidarité selon l’évolution des sociétés : la solidarité mécanique correspond à une division du travail faible, lorsque les activités sociales sont peu diversifiées et que la cohésion résulte de la similitude sociale ; la solidarité organique correspond, dans les sociétés modernes, à une forme de cohésion entre des individus pourtant autonomes mais différents du fait d’une forte spécialisation des tâches.
D’autres sociologues se sont intéressés depuis à la division du travail. Le sociologue américain Everett Hughes souligne la division morale du travail : « La division du travail dans la société n’est pas purement technique, comme on le suggère souvent. Elle est aussi psychologique et morale. » Certains professionnels retirent beaucoup de prestige de leur travail, d’autres aucun. Le travail médical peut être pris comme exemple : le travail pour soigner un patient est collectif mais « les participants s’accordent à attribuer au médecin le don particulier et les prérogatives tandis que ceux qui accomplissent les tâches humbles, pourtant nécessaires, sans être reconnus comme les auteurs de ces miracles, n’ont droit qu’à un médiocre prestige. » Chacun tente enfin de reporter sur les autres le « sale boulot » en déléguant les tâches les plus sales ou dégradantes sur les individus exerçant des professions subalternes. Hughes cite notamment le concierge, un homme qui « gagne sa vie en effectuant le “sale boulot” des autres » .
Les sociologues posent également la question de la division sexuelle du travail, c’est-à-dire la répartition inégale des tâches selon les sexes (§ 93), qu’elle soit au niveau professionnel (sur le marché du travail, dans les métiers et les professions, plutôt masculins ou féminins, dans les hiérarchies des positions) ou au niveau du travail domestique.
Pour découvrir les 99 autres « mots de la sociologie »…
> Retrouver le livre sur le site des Presses universitaires de France
https://www.puf.com/content/Les_100_mots_de_la_sociologie
> Et sur la plate-forme Cairn.info (édition 2010)
https://www.cairn.info/les-100-mots-de-la-sociologie–9782130574057.htm